Fa7
Fa7 est un artiste guadeloupéen. Mélomane avant tout, il développe son travail autour du perfectionnement de ses sensibilités musicales originelles, à savoir la chanson française, la soul et les racines créoles. L’évolution et l’acharnement au travail lui ont ouvert les pistes d’un mélange très personnel et novateur privilégiant la qualité littéraire des mots et la musicalité.
Sa voix suave et rauque convient parfaitement au registre mellow de ses ballades cadencées. Son jeu de guitare tout en nuance et en finesse rythmique est propre à mettre en valeur ses textes empreints d’une poésie très réaliste et parfois militante.
Interview:
Quand avez-vous commencé à jouer ?
Tout petit, je tapais déjà partout et à table je rendais mon père dingue. Je me suis mis à la guitare à 14 ans et puis j’ai touché à divers instruments mais j’adore le côté nomade de la guitare.
Pourquoi Fa7 ?
Premièrement, mon prénom est Fabrice mais ma mère m’appelle tout le temps Fa. Ensuite il y a la symbolique mystique du chiffre 7, le fait que le Fa7 est un accord très utilisé dans la soul et le blues. De plus il désigne de façon phonétique les facettes d’une personnalité, d’un objet. Mais toutes ces justifications me sont venues bien après, le plus important est que ça sonne bien et il paraît que c’est mignon.
En concert, vous adorez parler avec le public, entre les morceaux ?
Oui, j’aime sentir que c’est interactif et puis cela me permet de glisser quelques explications de textes. Les gens qui viennent voir un concert auraient pu aller au cinéma ou écouter mes chansons à la maison. Ils font l’effort de sortir, de faire la queue alors ils doivent faire partie de mon show. J’aime le spectacle, juste à la frontière de la frime et authentique.
Vous défendez un héritage culturel ?
Il y a de plus en plus de métis qui proposent une musique aux frontières de différents courants. Mes racines sont créoles et mes branches ouvertes à toutes les musiques inspirées. Je ne défends pas cet héritage, il s’autoproclame lui-même dans mes gestes, mes goûts, mes affects…
Avez-vous des moments de doute concernant votre talent d’auteur-compositeur-interprète ?
Pas constamment, mais souvent. Cela pourrait être déstabilisant mais chez moi c’est plutôt un moteur qui me pousse à travailler pour progresser. Et puis ça m’évite le piège de l’arrogance et des certitudes pesantes.
A 34 ans c’est votre premier album, pourquoi tout ce temps ?
C’est le temps d’apprendre. Bien sûr j’ai travaillé sur plein de projets et produits des centaines de chansons mais je ne les ai jamais commercialisées. Il y avait pas mal d’obstacles dont les études de Lettres car il me fallait assurer mes arrières, la famille, le milieu qui est très ingrat et veut des résultats immédiats, ma volonté de ne pas rentrer dans un moule, l’argent aussi car je voulais être libre de faire ce que j’entendais et personne n’y croyait vraiment à par moi…
Le studio ou la scène ?
Les deux sont tellement enrichissants Je me souviens d’une séance à Londres où la chanteuse chantait faux mais personne ne semblait s’en soucier. Je me suis rendu compte que le mot faux n’était pas approprié, c’était juste une autre manière d’entendre que je devais apprendre à apprécier. Question d’ouverture !
Avez-vous déjà une idée de ce que sera votre prochain album ?
J’aimerais faire un disque de ballades soul-folk . Un truc qui met dans une humeur romantique sans tomber dans la mièvrerie à écouter en voiture ou en voyage.
Citez moi quatre artistes que vous appréciez ?
Que quatre ? Non sept comme Fa7 ! Sade, Norah Jones, Keziah Jones, Prince, Spike Lee, Edouard Glissant et Xuly Bët.
CD « La Brise »
|
|